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Forest National accueille le Béjart Ballet Lausanne avec un programme anniversaire exceptionnel
2027 sera sans aucun doute l’année Maurice Béjart, portée par ce double anniversaire. La compagnie rendra hommage à son fondateur à travers une grande tournée internationale, remettant à l’honneur les œuvres majeures de son répertoire — preuve d’un héritage toujours vivant, universel et influent. Du 11 au 14 novembre 2027, le Béjart Ballet Lausanne présentera à Forest National un programme exceptionnel :
Boléro (1961)
Le programme s’ouvre avec Boléro, l’une des chorégraphies les plus emblématiques de Béjart, sur la musique de Maurice Ravel, créée en 1961 à La Monnaie à Bruxelles. Avec une construction simple mais hypnotique, l’œuvre devient une expérience collective intense fondée sur le rythme et la répétition.
« Mon Boléro » disait Ravel, « devrait porter en exergue : Enfoncez-vous bien cela dans la tête ». Plus sérieusement, il expliqua : « En 1928, sur la demande de Madame Rubinstein (Ida Rubinstein, célèbre danseuse et actrice russe), j’ai composé un boléro pour orchestre. C’est une danse d’un mouvement très modéré et constamment uniforme, tant par la mélodie que par l’harmonie et le rythme, ce dernier marqué sans cesse par le tambour. Le seul élément de diversité y est apporté par le crescendo orchestral. »
Maurice Béjart précise en ces termes sa conception de l’œuvre de Ravel : « Musique trop connue et pourtant toujours nouvelle grâce à sa simplicité. Une mélodie – d’origine orientale et non espagnole – s’enroule inlassablement sur elle-même, va en augmentant de volume et d’intensité, dévorant l’espace sonore et engloutissant à la fin la mélodie. »
Sans vouloir décrire davantage ce ballet évident par lui-même, remarquons que Maurice Béjart, dans un style très différent, rejoint l’esprit du Sacre du Printemps, en ce sens qu’à l’inverse de la plupart de ceux qui ont illustré chorégraphiquement le Boléro avant lui, il répudie toutes les facilités du pittoresque extérieur pour exprimer uniquement – mais avec quelle force ! – l’essentiel. Maurice Béjart confie le rôle central – la Mélodie – tantôt à une danseuse, tantôt à un danseur. Le Rythme est interprété par un groupe de danseurs ?
Le Sacre du Printemps (1959)
Créé en 1959 à La Monnaie sur une musique d’Igor Stravinsky, ce ballet puissant et physique traduit la force primitive du printemps en un rituel universel, dépouillé de folklore et centré sur l’énergie humaine.
Qu’est ce que le printemps sinon cette immense force primitive longtemps endormie sous le manteau de l’hiver, qui soudain éclate et embrase le monde, que ce soit à l’échelon végétal, animal ou humain ? L’amour humain, dans son aspect physique, symbolise l’acte même par lequel la divinité crée le Cosmos et la joie qu’elle en retire. A un moment où les frontières anecdotiques de l’esprit humain tombent petit à petit et où l’on peut commencer à parler d’une culture mondiale, rejetons tout folklore qui ne soit pas universel et ne retenons que les forces essentielles de l’homme, qui sont les mêmes dans tous les continents, sous toutes les latitudes, à toutes les époques. Que ce ballet soit donc, dépouillé de tous les artifices du pittoresque, l’Hymne à cette union de l’Homme et de la Femme au plus profond de leur chair, union du ciel et de la terre, danse de vie ou de mort, éternelle comme le printemps.
L’Oiseau de Feu (1970)
Créé en 1970 au Palais des Sports à Paris, ce ballet abstrait et expressif met en lumière à la fois les racines russes et le caractère révolutionnaire de Stravinsky.
Dans ses entretiens avec Craft, Igor Stravinski donne les raisons pour lesquelles il préfère voir utilisée pour l’Oiseau de Feu la suite d’orchestre plutôt que la version totale du ballet qu’il désavoue assez ouvertement. Dès lors, l’argument du ballet qui suit exactement la partition originale semble caduc et ce qui reste est musique pure, propre certes à une certaine vision chorégraphique, mais incapable de suivre les méandres d’un scénario compliqué. Il n’est donc pas question de remplacer l’argument par un autre, ni même de le transformer : essayons plutôt de dégager l’émotion qui parcourt la succession de numéros de la partition ainsi réduite, en retrouvant les deux éléments chocs qui frappèrent à la création : Stravinski musicien RUSSE. Stravinski musicien REVOLUTIONNAIRE. Que la danse soit donc l’expression abstraite de ces deux éléments toujours présents dans la musique, un sentiment profond de la Russie et une certaine rupture avec la tradition musicale qui se traduit par une violence rythmique inaccoutumée et qui suscita à la création des remous que l’on sait. (Maurice Béjart)
Avec ce retour à Bruxelles, le Béjart Ballet Lausanne rend hommage à son fondateur ainsi qu’à la ville qui a profondément marqué son parcours.
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